Lebanon’s Green Gold: The Debate to Legalize Cannabis


Voici la plante
qui va peut-être être légalisée. Cette plante,
quand elle a été introduite ici, elle a changé notre vie. On cultive le cannabis
depuis très longtemps, ici. Toutes les tentatives
pour l’endiguer ou l’interdire ont échoué. Avec la légalisation,
il y aurait un cadre officiel. Oh, gouvernement Punis-nous si tu penses
que c’est ce qui est juste. L’OR VERT DU LIBAN PLAINE DE LA BEKAA
Liban Dans la plaine de la Bekaa,
située dans l’est du Liban, des communautés cultivent
le cannabis depuis des siècles. Comme c’est illégal, ce sont
des régions semi-autonomes, dans lesquelles
l’État met rarement son nez. Mais tout cela pourrait changer. Nous examinons un projet de loi
qui légaliserait la culture du cannabis,
en d’autres termes, du haschich. Le Liban est sur le point
de franchir un pas historique avec une proposition de loi
pour légaliser le cannabis à usage thérapeutique. Cependant, ces nouvelles
ne sont pas bonnes pour les communautés
de cannabiculteurs. S’ils légalisent, les gens de cette région
qui gagnent leur vie grâce à ça perdront tout. Je veux découvrir pourquoi
le gouvernement libanais envisage
de légaliser le cannabis et pourquoi les cultivateurs
pensent qu’ils y perdraient. Nous allons au village
de Yammouné, l’une
des principales communautés cultivant le cannabis
dans la plaine de la Bekaa. Ils sont connus
pour être lourdement armés. Ils n’obéissent
qu’à leurs propres lois. À mon arrivée, les ouvriers
étaient dans les champs. Comme d’autres communautés
de la plaine de la Bekaa, ici, les habitants
vénèrent cette plante. Après des siècles
de culture du cannabis, c’est devenu leur principale
source de revenus. Les cultures traditionnelles,
ça ne pousse pas, ici. Mais cette plante,
quand elle a été introduite ici, elle a changé nos vies en bien. Cette communauté est dirigée
par un maire, Jamal Shreif. Voici la plante
qui va peut-être être légalisée. Le débat religieux est de savoir
si c’est un péché ou une vertu. Pour moi, c’est vert,
ça pourrait être de la vigne. Si c’est nocif et psychotrope,
c’est condamnable. Mais je suis fier de la tenir,
parce que c’est une bénédiction. Regardez, mes mains collent. – Vous savez pourquoi ?
– C’est l’huile, non ? Sentez. Allez-y, sentez. Vous remercierez Dieu. – C’est une plante du Paradis !
– Une plante du Paradis. Du Paradis, oui, j’insiste :
une plante du Paradis. En ce qui concerne
la culture du cannabis, la technique pour extraire
de la poudre de haschich est connue de tous,
qu’ils soient de Yammouné ou non. D’abord, en octobre,
il faut préparer les terres avant de pouvoir planter,
parce qu’ici le sol est sec. Après avoir semé les graines,
au début de l’été, il y a cinq
ou six étapes d’irrigation. La moisson a lieu de la mi-septembre
jusqu’au 10 octobre. Après, on transporte
la récolte jusqu’aux entrepôts. Ensuite, on extrait la poudre des tiges séchées. Cette poudre de hash
se fume comme une cigarette. Il y a environ 200 hectares,
ici. Ça correspond à une récolte
d’environ 4,5 tonnes. Et ça représente
combien d’argent ? – 9 millions de dollars.
– 9 millions. Cette communauté
de la plaine de Bekaa n’est pas la seule à connaître
la valeur de ces cultures. L’intérêt du gouvernement
a été éveillé après que le rapport McKinsey
a recommandé la culture du cannabis pour booster
l’économie libanaise. En bref,
les intérêts grandissants pour les vertus médicinales
du cannabis pourraient transformer
ces champs en or vert, qui pourraient rapporter
des milliards de dollars. En 2018, le gouvernement libanais
a autorisé l’ouverture du 1er centre de recherches
de la région à l’Université américaine
de Beyrouth. Le cannabis libanais
est connu dans le monde entier pour être de meilleure qualité
que d’autres souches. Et il est dans le top 5 des souches les plus rares
dans le monde. Je veux prouver
que le cannabis libanais est de qualité supérieure
à d’autres types de cannabis. Direction le laboratoire
où nous faisons des tests à partir de diverses
cellules cancéreuses. Quels résultats
avez-vous obtenus ? Le cannabis libanais,
qui est à mon avis un hybride, est très concentré en CBD, une substance qui peut
provoquer des hallucinations ou affecter le système nerveux. Elle a un effet
sur les cellules cancéreuses, notamment
sur le cancer du poumon, sur le cancer du côlon,
sur le cancer de la peau et sur le cancer du sein. Je suis sûr que nos expériences
vont aider le gouvernement à prendre
les bonnes décisions. Je pense personnellement
que l’usage thérapeutique doit être légalisé avant tout. Et ensuite, ils pourront
étudier la question de légaliser
la culture du cannabis. Mais puisqu’il y a
des vertus thérapeutiques, certaines personnes
en ont besoin parce que les médicaments
ne font plus effet. Depuis qu’on reconnaît
les bienfaits thérapeutiques de l’huile de cannabis, la production de Manfred
a augmenté ces dernières années. Cette plaine de Yammouné
attire de plus en plus de gens, des consommateurs. On s’est mis à produire
de l’huile en grande quantité. Le maire Jamal
m’a expliqué le processus. Pour l’huile,
c’est un processus particulier. L’huile est faite en mélangeant
de la poudre de hash avec de l’essence
ou de l’éthanol. On laisse ça au soleil
pour que l’alcool s’évapore. Vous obtenez
l’huile de haschich. C’est son esprit,
on appelle ça le “habweh”. C’est l’âme du haschich. Même si l’économie de la ville
repose sur le marché juteux, quoique pour l’instant illégal,
du cannabis qui se fume, les habitants fabriquent
leur propre huile à usage thérapeutique,
car la demande est forte. Quand des étrangers découvrent
que je suis de Yammouné, ils me demandent de l’huile pour aider
un proche qui a un cancer. Alors, on fait tout
pour lui en obtenir. Quand ils veulent payer,
on refuse. C’est une question de santé. L’humanité, ça n’a pas de prix. On sait que beaucoup de gens
utilisent l’huile de hash pour alléger leur douleur,
pour se sentir mieux. On va maintenant
rencontrer quelqu’un qui en utilise quotidiennement. On a entendu
beaucoup d’opinions sur la manière
dont ça aide les gens. Maintenant, on veut savoir
si ça aide vraiment les gens. Ashen souffre
de sclérose en plaques depuis 10 ans. Il a passé la plupart
de sa vie à l’hôpital. 5 gouttes d’huile de hash,
matin et soir, ont changé beaucoup pour lui. En 2001, j’ai perdu la vue et le docteur m’a dit que le problème
ne venait pas de mes yeux. J’ai fait une IRM, et on m’a diagnostiqué
une sclérose en plaques. Ils m’ont fait des injections
et, tous les 3-4 mois, j’allais à l’hôpital
pour prendre de la cortisone. J’ai demandé au médecin : “Pourquoi prendre ce traitement
alors que j’ai encore mal ?” Il m’a répondu que sans ça,
j’aurais plus de poussées. À l’époque,
mes amis fumaient du hash et me disaient
que c’était un bon remède. J’ai ri parce que c’est pas
ce que la société disait. Puis un herboriste m’a expliqué les choses, et j’ai réalisé
que ça allait plus loin. J’ai arrêté les médocs, puis le sucre,
et j’ai perdu 10 kg. Et le CBD a rendu mon corps
plus détendu, plus souple, je pouvais bouger
plus facilement. En fait, la combinaison
de CBD et de THC m’a ouvert la porte à une nouvelle vie. Mais c’est considéré
comme une substance illégale. Vous n’avez pas peur ? Vous m’auriez demandé ça
il y a 1 an, j’aurais répondu que oui,
je fais quelque chose de mal. Mais le cannabis
sera bientôt légalisé. Quand j’en ai parlé
aux médecins, ils n’ont pas émis d’objection. Ils m’ont tous donné le feu vert
et soutenu, et j’en suis heureux. Après avoir rencontré Ashen,
une des personnes à qui la légalisation
profiterait, je veux découvrir
comment le gouvernement prévoit de l’instaurer et quel sera l’impact
sur les cultivateurs. Le député Bilal Abdallah
est le rapporteur du projet de loi
sur la légalisation. On cultive le cannabis
depuis très longtemps, ici. Toutes les tentatives
pour l’endiguer ou l’interdire ont échoué. Avec la légalisation,
il y aurait un cadre officiel. On pourrait distribuer
des permis, fixer des prix et surtout,
contrôler l’exportation. Vous êtes pour ou contre
l’usage thérapeutique ? Pour, si c’est sur ordonnance.
Pas pour de l’automédication. Si c’est pour se soigner seul,
c’est hors de question. Vous savez comment
les communautés agricoles de la vallée de la Bekaa
réagissent à tout ça ? Il y en a qui sont contre, mais on peut dire
que leur avis a été acheté. Tout ça vient clairement
de la mafia. De toute façon, tout hors-la-loi
qui défend cette position devra en subir les conséquences. Les producteurs de cannabis
qui travaillent aujourd’hui pour le crime organisé font peu confiance
aux projets du gouvernement pour s’occuper
de ce secteur. Surtout que, par le passé, les autorités ont tenté
d’arrêter la production en brûlant les récoltes
chaque année. Mais quand la guerre a éclaté
juste à côté, en Syrie, l’État a concentré son attention
sur les frontières. Les plantations
se sont développées et les autorités
ont perdu le contrôle. Vous avez dû voir
ces champs brûler plusieurs années de suite. J’aurais préféré ne pas voir ça, parce que les autorités
venaient chez nous et détruisaient nos récoltes. C’était comme si
on vous arrachait votre âme. Que pensez-vous
de la légalisation ? Nous sommes pour
si les conditions des producteurs
sont acceptées, mais contre
si ce n’est pas le cas. S’ils veulent
prendre le contrôle et créer
leurs propres entreprises pour faire du profit
sur le dos des producteurs, personne n’acceptera. S’ils légalisent le cannabis, les gens de cette région
qui gagnent leur vie grâce à ça perdront tout. Ce sera une mort lente. Personne n’a pu me donner
une réponse claire sur si et quand la culture
de cannabis sera légalisée. Mais ce qui est certain, c’est qu’il reste
un long chemin à parcourir pour transformer ce trafic
de drogue géré par des clans en un secteur légal
géré par l’État. Pendant ce temps,
à Yammouné, les récoltes continuent,
et c’est la loi du marché. On a condamné notre pays. Ils nous jugent parce que l’Ignorance
règne en maître. Oh, gouvernement Punis-nous si tu penses
que c’est ce qui est juste.

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