Mining the Golden Mountains of Suriname With An Ex-Rebel Leader

Mining the Golden Mountains of Suriname With An Ex-Rebel Leader


Salut, c’est Michael,
des bureaux de VICE à Brooklyn. L’or est partout au Suriname,
et on retrouve les effets de l’exploitation aurifère dans presque tous les aspects de la société. VICE Pays-Bas s’est rendu dans ce pays sud-américain pour en savoir plus sur
cette industrie lucrative mais problématique. Voici “Les montagnes d’or du Suriname”. Le recours au mercure
est l’un des moyens les moins coûteux d’extraire de l’or. Le mercure peut entrer dans le corps de 3 façons. En le respirant,
en l’avalant ou par contact direct. À forte concentration, il peut être fatal. On ferait quoi si on ne travaillait pas ?
Et comment je m’occuperais de mon fils ? – Je vois.
– C’est comme ça. Quand il y a de l’or et
qu’on en trouve beaucoup, on devient accro. La corruption peut détruire un pays.
C’est ce qui se passe au Suriname. Les montagnes d’or du Suriname On est à Paramaribo.
La capitale du Suriname. C’est le plus petit pays d’Amérique du Sud,
mais il renferme d’immenses réserves d’or. L’or est omniprésent. C’est la première source
de création d’emploi après l’État, et le principal produit d’exportation du pays. Or, après 15 ans de croissance économique,
le pays est aujourd’hui en récession. Mais l’or attire toujours pas mal de monde.
C’est un moyen facile de gagner de l’argent. On en extrait partout en dehors de la ville,
et pour l’instant, ce n’est pas très régulé. L’or fait partie de l’histoire du Suriname
depuis des siècles. Il a attiré les premiers Européens vers ce pays
au 15e siècle mais on n’en a découvert qu’au 18e. Entre temps, les Pays-Bas avaient colonisé le Suriname. Les Néerlandais ont exploité le Suriname
pendant près de 3 siècles. En 1863, la dureté de l’esclavage
avait décimé les populations indigènes. Des esclaves étaient ramenés d’autres colonies
pour travailler dans les plantations. La première ruée vers l’or a commencé vers 1900. Le Suriname ne gère ses propres ressources
que depuis son indépendance, en 1975. Mais 5 ans plus tard, il y a eu
un coup d’État suivi d’une guerre civile. L’industrie de l’or a continué à croître
malgré les troubles politiques des années 1980 et 90. Des milliers de personnes partaient seules
en forêt pour chercher de l’or. Ce nombre a augmenté de
près de 900 % sur les 14 dernières années. L’État fermait les yeux sur ce qui se passait. Mais aujourd’hui, le prix de l’or chute
et ce type d’extraction est devenu moins profitable. Pourtant, l’extraction illégale représente encore
plus des 2 tiers des extractions d’or. Bien plus que ce qu’extraient
les 3 sociétés minières. On a voulu voir par nous-mêmes
comment fonctionnait ce secteur illégal et quelles étaient les conséquences pour le pays. La colonie minière de Benzdorp
est à environ 270 km de Paramaribo. Jusqu’à récemment, c’était la plaque tournante
de la ruée vers l’or au Suriname. Mais aujourd’hui, elle est en fin de vie. Loin des regards de la loi,
on vit selon des règles non-officielles. Par exemple, dans la colonie,
on ne peut payer qu’avec des pépites d’or pur. Benzdorp est connue comme
l’Ouest sauvage du Suriname, où tout peut arriver, et où
le gouvernement n’a aucun contrôle. On se dirige vers Benzdorp,
au cœur de la jungle. La colonie a littéralement une économie en or.
On ne peut payer qu’avec de l’or. On est passés devant une église,
des boutiques, pas mal de bars, une pizzeria. C’est comme une ville miniature au milieu de… nulle part. Désolée, je suis un peu embarrassée, là. On a rencontré Rosa, une Brésilienne qui essaie
de trouver de l’or pour soutenir sa famille au pays. Vous avez eu de la chance jusqu’ici ? Aujourd’hui, on a trouvé
un endroit qui cachait 100 grammes d’or. Mais demain, on trouvera peut-être
1, 2 ou 3 kilos. Ainsi va la vie des chercheurs d’or. Il teste pour voir s’il y a de l’or. Tu as trouvé quelque chose ? Un tout petit peu.
Il n’y a pas beaucoup d’or ici. Il n’y a pas de grosses pépites.
Que des petites. Regarde. C’est du mercure.
Pour réunir l’or. – C’est pas mauvais pour votre peau ?
– Non, c’est dangereux uniquement si on l’avale. Tu vois ? Pas de problème.
Il faut juste éviter de l’avaler. Les émanations aussi sont dangereuses.
Si ça va dans les poumons, c’est pas bon. Un kilo de mercure coûte 10 grammes d’or.
C’est beaucoup d’argent. Rosa dit qu’un kilo de mercure
coûte 10 grammes d’or. Avec ce qu’elle a, elle peut trouver
environ 200 grammes d’or. Winston Goossen est l’un des rares
résidents permanents. On le surnomme Boeroe. Il monte son propre bordel derrière sa maison. Voici ma maison. Comme vous voyez,
la construction n’est pas finie. – Ma femme n’est pas là donc c’est le bordel.
– Vous êtes marié ? – Oui. On a un fils de 2 ans.
– Ça ne la dérange pas que vous ayez bientôt des prostituées dans votre club ? Je sais pas. C’est une idée commune
et elle est au courant de tout. – Elle vient vous aider ?
– Oui, elle va m’aider. Elle va travailler au bar
et je serai le charpentier. – Donc on aura un double revenu.
– D’accord. – Comment vous avez atterri ici ?
– Comment je suis arrivé ici ? Pour tout vous dire,
je purgeais une peine de prison. Quand je suis sorti,
après 3 ou 4 jours, je suis venu ici. – Il y avait beaucoup d’or ?
– Oh oui. Tout le monde en avait. C’était une ville très animée.
Beaucoup de monde, beaucoup de putes. – Beaucoup de meurtres, aussi.
– Vous en avez été témoin ? J’en ai vu quelques-uns. Et aujourd’hui, c’est différent ? Complètement. Ce genre de truc
ne se produit plus, aujourd’hui. – C’est ici que les filles vivront ?
– Oui, elles vont vivre ici. Les chercheurs d’or ne pensent
qu’au travail et aux femmes. La première chose que fait un mineur
quand il est payé, c’est aller voir une femme. Pour partager, pour s’amuser un peu. Vous voulez combien de filles dans votre club ? Entre 6 et 10. Mais pour l’instant,
je ne construis que 6 chambres. Comment des filles du Brésil ou
du Venezuela vont entendre parler de vous ? Je vais passer quelques coups de fil.
“Trouve-moi entre 3 et 6 filles”. Je dirai : “J’ai besoin de 3 ou 4 filles.”
Et je pense qu’elles viendront. Elles savent qu’elles vont gagner plus ici qu’en ville. Il y a de la prostitution
dans presque toutes les colonies minières. Des milliers de filles sont entrées au Suriname,
volontairement ou non, pour gagner leur vie grâce aux revenus de l’or. Elles vendent leur corps pour environ 3 grammes.
À peu près 96 euros. Vous vous soutenez en tant que femmes
dans une ville surtout peuplée d’hommes ? On est très amies. On fait ce boulot
mais on est des personnes avec des sentiments. On a des enfants, des mamans, de l’amour. Les gens pensent qu’on fait ça
par ambition. Non, c’est par nécessité. En dehors du projet de Winston,
il y a 3 bordels à Benzdorp. À cause d’un marché de l’or en berne,
il y a peu de clients. Souvent, les familles des filles
ne savent pas ce qu’elles font. L’une d’elles a accepté
de nous parler en restant anonyme. Une visite, c’est 3 grammes d’or. La nuit entière, c’est 5 ou 6,
selon les demandes du client. Je suis venue dans ce pays
en quête d’une vie meilleure. Mais la vie est chère ici
et on ne gagne pas beaucoup. On ne savait pas qu’un tel endroit existait. On n’a pas appris de métier dans notre pays. On ne connaît pas la langue d’ici.
Ça rend tout plus compliqué. Je suis ici par nécessité. – Vous comptez rester combien de temps ?
– Pas longtemps. Peut-être jusqu’à l’an prochain. C’est difficile, ici. Très difficile. D’un côté, j’aimerais qu’il y ait plus d’hommes
pour que je puisse gagner plus. Mais de l’autre, je ne suis pas heureuse, ici. Donc, c’est difficile.
C’est un mélange de sentiments. Je dois boire 2 ou 3 bières pour supporter
d’être ici avec un homme que je ne connais pas. C’est difficile. On va où sont les filles.
Elles s’assoient et boivent un verre. Jusqu’à ce qu’elles n’aient plus d’argent.
Où va l’argent ? Dans les bars. Et une petite part,
la plus petite, va aux filles. Parce qu’elles travaillent
pour 3 grammes, ou 7 ou 8. Au final, vous faites pas mal d’argent avec ça ? Je vais me salir les mains pendant un temps. Pour échapper aux conditions difficiles de l’intérieur, de plus en plus de chercheurs d’or
vont dans des zones plus proches de la ville. L’un de ces coins très exploités
est la réserve naturelle de Brownsberg. Je sais pas si vous pouvez filmer ça.
Au début, la route est très abîmée. Erlan essaie d’attirer l’attention sur
les dangers qui entourent l’extraction illégale d’or. Il est l’une des rares personnes
qui en parlent publiquement. On se dirige vers les champs aurifères
de la réserve naturelle de Brownsberg. Comme vous voyez,
c’est un coin avec une végétation luxuriante. 95 % du Suriname est couvert de forêt tropicale. Brownsberg est une réserve naturelle
protégée depuis 1969. Elle couvre environ 14 000 hectares et c’est la seule réserve naturelle officielle
au Suriname. Il y a une biodiversité extraordinairement riche. Les 8 espèces de singes du Suriname vivent ici. Et c’est l’une des principales zones de tourisme. Mais depuis quelques années, la réserve
abrite aussi une grande activité d’extraction illégale d’or. Voici quelques champs aurifères
du parc naturel de Brownsberg. – Avant, il y avait des arbres ?
– Oui, c’était une partie de la forêt. C’est triste de voir
une telle destruction par la main de l’homme. C’est toléré par le gouvernement
bien que ça se passe dans le parc. La réserve est reconnue
au niveau international comme parc naturel. Et beaucoup d’animaux sont endémiques.
Ils ne vivent que dans cette région. C’est une mine d’or. Pas littéralement,
comme on le voit ici, mais pour le tourisme. La végétation est notre véritable richesse. Des fois, j’ai l’impression de perdre mon temps. La plupart des gens ont peur de parler. Ils semblent se résoudre à accepter
qu’il ne peuvent rien contre ça. Voici une boîte à écluse en action. Ils y versent la boue qu’ils ont ramassée. Les particules d’or plus lourdes vont rester en arrière. Puis ils vont laver les plus petites avec du mercure. Le mercure va se fixer sur l’or,
ce qui donne des petites boules. Ensuite, ils vont chauffer ces boules, et une bonne part du mercure
va ainsi finir dans l’atmosphère. On peut avoir un empoisonnement chronique
au mercure si on a un contact fréquent. Ils ne seront pas malades immédiatement,
mais leurs chances d’être malades à l’avenir sont considérables. À Paramaribo, on a rendu visite
au docteur Satish Mohan, gynécologue. Au Suriname, c’est l’un des premiers docteurs à avoir examiné les effets neurotoxiques du mercure
sur les mères et les enfants à naître. Cette étude était alarmante. Elle a révélé que la mère comme l’enfant à naître présentaient de fortes concentrations de mercure. Près de 80 % des enfants avaient des niveaux
de mercure supérieurs aux standards internationaux. Le mercure peut entrer dans
le corps humain de 3 façons. Premièrement, par inhalation. Deuxièmement, par ingestion, par l’alimentation. Et trois, par contact direct. Quelles sont les conséquences
d’un empoisonnement au mercure ? L’histoire nous l’a déjà montré. Regardez ce qui s’est passé à Minamata. De nombreuses personnes
présentaient plusieurs symptômes. En 1956,
le village japonais de Minamata a été le premier endroit où l’on a découvert
un empoisonnement au mercure à grande échelle. Cela venait d’une alimentation
riche en poissons contaminés. Les conséquences ont été horribles. Des oiseaux tombaient du ciel, morts.
Des personnes ont montré des signes de spasticité et des enfants déformés ont vu le jour. 1 700 personnes sont mortes. Depuis octobre 2013,
150 pays ont signé la Convention de Minamata qui vise à interdire totalement l’utilisation du mercure. Le Suriname est le seul pays sud-américain
à ne pas l’avoir signée. Un empoisonnement aigu au mercure
peut causer de graves dommages pulmonaires. Une forte concentration
peut conduire au coma ou à la mort. En cas de maladie chronique,
il peut endommager de nombreux organes comme les poumons, le tractus intestinal,
les reins et le système nerveux. Ça peut déboucher sur des symptômes
comme la folie, des problèmes d’orientation, des problèmes auditifs
ou des troubles du développement ou cérébraux. Ce sont des résultats d’intoxications au mercure. On sait que beaucoup de mercure
est lâché dans notre environnement, surtout dans ce domaine dont vous parlez : l’industrie de l’or. De grandes quantités de mercure
sont lâchées dans certaines rivières du Suriname. Entre 30 et 40 000 chercheurs d’or illégaux
sont aujourd’hui actifs dans les terres du Suriname. Milton Schmidt, 27 ans,
est l’un d’eux. On le surnomme Robba. – Vous vous plaisez au Suriname ?
– J’adore. Vous voulez venir plus souvent ? – Tout le monde dit ça.
– C’est magnifique. Si on regarde par ici,
ou par là, on ne voit que des bois, et là-bas, ça a été rasé. – Vous en pensez quoi ?
– Il y a des gens qui travaillent là-bas. Donc il se passe quelque chose. – C’est vous ? Vous voulez chanter un peu ?
– Non. … te garder au chaud,
et le calme dans ma vie, mon amour en fait,
je dois le confesser, mon amour pour toi
ne va jamais cesser, tu es pour toujours dans mon cœur. Robba est chef d’équipe et il a
récemment été nommé pour diriger ces mineurs. Vous savez si le gouvernement patrouille par ici ? – Vous l’avez déjà vu ?
– Non. – D’après vous, pourquoi ?
– Je crois qu’on ne les dérange pas. – C’est pour ça qu’ils ne viennent pas ici.
– OK. – Là, c’est la fin de l’histoire.
– Exact. Si on arrose là, toute la poussière
va tomber dans le container. – Ça se finit comme ça.
– On le voit qui brille. Voici une plaque de cuivre. C’est une plaque de cuivre avec du mercure.
Le mercure attrape l’or et va tout garder sur la plaque. – Et ça part dans le lac ?
– Oui. – 25 % du mercure va…
– Dans le lac ? C’est pas dangereux ? J’en sais rien. Je crois pas. Je pense vraiment pas. Peut-on blâmer ceux qui travaillent ici ?
– Non, je ne les blâme pas. Ce sont des locaux
et ils n’ont pas beaucoup d’autres sources de revenus. C’est les gros poissons de la ville qui devraient être tenus pour responsables. On ferait quoi si on ne travaillait pas ? Pour nous, Créoles marrons,
c’est le boulot qui nous attend pour la plupart. Voyez la quantité de jeunes qui travaillent ici.
On ferait quoi sinon ? Rester assis à la maison ? Et comment je m’occuperais de mon fils ?
C’est tout ce qu’on a. – Vous n’avez pas le choix ?
– Non. S’ils disent qu’on doit arrêter de travailler ici, d’accord. C’est bien.
Mais on ira travailler où alors ? On a vu des gens qui travaillent avec du mercure,
et ses effets sur l’environnement. Mais ceux avec lesquels on a discuté
et qui travaillent avec du mercure nous ont dit qu’ils aimaient leur travail,
mais aussi qu’ils n’avaient pas beaucoup d’alternatives. Beaucoup de monde sera sans emploi dès que ce secteur sera régulé.
Ils seront mis à la porte. Alors le choix entre le travail et
la protection de l’environnement est assez vite fait. Les organisations environnementales disent
que des centaines de tonnes de mercure ont été envoyées dans l’environnement au Suriname. Par l’air et les rivières, le mercure
se diffuse dans des zones où il n’y a pas de mines, comme la capitale Paramaribo. Erlan a lancé une campagne pour attirer l’attention
sur les dangers de la consommation de poisson. J’ai fait des affiches avec des schémas,
les plus clairs possibles, pour expliquer comment le mercure utilisé
dans l’extraction d’or contamine l’environnement. Il descend dans la rivière
et des bactéries le transforment. – C’est comme ça qu’il rentre dans le poisson.
– La consommation de ces poissons est dangereuse ? – Tout à fait.
– Quel est le poisson le plus populaire ? Le spigri kati,
qui contient beaucoup de mercure. Et le aymara. Il a 8 points,
soit 8 fois la quantité de mercure. On les mange en ville, et les gens ne savent pas les quantités de mercure qu’ils contiennent. Voici le principal marché aux poissons de Paramaribo. Comme nous l’a dit Erlan,
ils vendent les poissons qui viennent du réservoir. – Aymara.
– Ça, c’est un aymara ? – Le pataka est par là.
– C’est du pataka ? – Vous en vendez beaucoup ?
– Oui. On m’a dit qu’il y avait des avertissements
concernant certains poissons. Tous les poissons peuvent être contaminés. Mais seulement s’ils viennent d’une zone
où on pratique l’extraction d’or. Ici, le poisson ne peut pas être contaminé. Ils ne vendent pas de poissons
pêchés près des mines d’or ? Pour être honnête,
parfois, il en arrive sur le marché. Il en arrive parfois. Et les gens savent qu’ils achètent
peut-être du poisson contaminé ? Non, ils ne savent pas.
Le vendeur peut savoir, mais pas les consommateurs. Pour certains, c’est un peu…
Ils vendent un truc qu’ils ne consommeraient pas. – Mais ils ont besoin d’argent. Voilà tout.
– Les pêcheurs ne mangeraient pas ce poisson ? Non, ils se contentent de l’attraper.
Ils doivent gagner de l’argent. Point final. En plus du poisson, les gens de la ville
sont victimes d’émanations de mercure à cause de sociétés qui achètent l’or
et brûlent les restes de mercure. Bonjour, ça va ? Je m’appelle Gwen.
On rentre là-dedans ? – Il faut porter ça pour faire ça ?
– Oui. – Ça aussi ?
– Oui. – Mais il ne le porte pas.
– Non. C’est obligatoire de porter un masque et des lunettes. Même si son patron me dit que
c’est obligatoire de porter un masque et des lunettes de sécurité,
lui ne porte rien du tout. Et c’est fait là, sous notre nez. Ce qu’on a ici vaut 14 000 dollars. – C’est un bon boulot.
– C’est un bon boulot, oui. Que fait le gouvernement à propos de cette situation ? En 2011, après des décennies à fermer les yeux,
le gouvernement du président Bouterse a lancé la Commission de régulation du secteur de l’or qui fait ses rapports directement au gouvernement
et doit réguler le secteur illégal de l’or. L’industrie de l’or est la première de notre pays. Thersa Wong Swie San
était leur porte-parole jusqu’à tout récemment. En 2014, lors d’un Ted Talk,
elle a expliqué leur approche. J’ai été positivement surprise quand j’ai vu comment le Suriname abordait l’extraction à petite échelle. Et l’approche mise en place par OGS
était pleine d’humanité. Mais les faits et les chiffres sur
les résultats de la Commission sont difficiles à trouver. Beaucoup disent que
la Commission souffre d’un conflit d’intérêt. Tout le monde sait qu’il y a
beaucoup d’intérêts dans le secteur de l’or. Les gens du gouvernement ont aussi des intérêts. On l’a entendu, vous et moi, dans toutes les bouches, et c’est un fait, ils ne peuvent pas
prendre de mesures rigoureuses parce que ça ferait du tord
à des proches du gouvernement, voire à l’intérieur du gouvernement. On est au ministère pour un entretien
avec le ministre des Ressources naturelles. Il est le porte-parole de la nouvelle transparence que le gouvernement Bouterse est en train de mettre en place. Son parti est appelé
“le Parti des mains propres”. C’est le premier ministre à s’attaquer activement aux destructions provoquées par
le secteur de l’extraction d’or. Bien que notre rendez-vous ait été pris
des semaines à l’avance, il a soudainement été annulé pour une rencontre urgente avec le président. Notre second rendez-vous a aussi été annulé.
Cette fois, sans raison. Le président est Desi Bouterse. Il est apparu peu de temps après
l’indépendance du Suriname. Après la proclamation de l’indépendance, en 1975, le Suriname a eu, pour la première fois,
un gouvernement démocratique. Si on ne peut pas le faire de bon gré,
alors il faudra le faire de mal gré. En 1980, le sous-officier Bouterse
a lancé un coup d’État. Suivi par 11 ans d’un régime militaire
et une guerre civile sanglante qui l’a vu affronter son ancien garde du corps,
Ronnie Brunswijk, qui, avec ses commandos de la jungle,
a combattu Bouterse à l’intérieur des terres. Je ne suis pas politicien, pas plus Robin des Bois.
Je suis un combattant de la liberté. Des centaines de civils ont été tués.
En 1991, un traité de paix a été signé. Par la suite, Brunswijk s’est concentré sur l’or. 19 ans plus tard, en 2010,
Bouterse a remporté les élections générales. Mais pour diriger, il lui fallait la majorité, et il l’a trouvée chez Ronnie Brunswijk. Les anciens ennemis ont signé un pacte
et gouverné ensemble. Aujourd’hui, Brunswijk a quitté le gouvernement,
mais il est toujours très puissant au Suriname. En plus du politicien, du businessman
et du patron de concessions minières d’or, Brunswijk est le propriétaire,
le capitaine et l’attaquant de l’Inter Moengotapoe. M. Brunswijk nous a invités
à un match de l’Inter Moengotapoe, l’équipe de football dont il est capitaine. Ils s’apprêtent à jouer un match
de Coupe du président contre Nishan ’42. La dernière fois, ils ont perdu.
Donc ils espèrent l’emporter ce soir. Le bonhomme est derrière moi,
et s’apprête à rentrer sur le terrain. On est là pour gagner. Au nom du Père, du Fils
et du Saint Esprit, amen. Bravo, Bravo, Bravo ! Dommage. – Vous pouvez filmer pendant le trajet.
– Merci. Ronnie Brunswijk a affrété cet avion. Il va nous emmener faire un tour de ses concessions. – Voici M. Brunswijk qui conduit son quad.
– Il vient à pied ? Non, il a son quad. Ronnie Brunswijk vient nous chercher
en tenue camouflage dans son véhicule tout-terrain. – C’est votre maison ?
– C’est ici que je vis quand je suis en forêt. D’autres personnes vivent ici ? – Tous ceux qui travaillent ici vivent ici.
– Il y a des hébergements ? – Vous employez combien de personnes ici ?
– Plus de 200. – C’est votre fille ?
– Oui. – Bonjour, ça va ?
– Bonjour. – Vous êtes très jolie.
– Merci. – Je suis là pour aider mon père.
– À quoi ressemble une journée normale ? Du boulot. Je travaille 24/7. On va au bar avec M. Brunswijk.
C’est l’un des 4 bars ? – Il y a 4 bars, c’est ça ?
– Non, un bar et 4 supermarchés. Un bar et 4 supermarchés.
Le bar est en face de la maison de M. Brunswijk. On va boire un verre là-bas
parce qu’il fait super chaud. On y va en quad parce que c’est de l’autre côté. On a réussi ! On est dans l’un des endroits où ils travaillent. Ils sont en train de plier,
ils vont là-haut et leur journée est terminée. – Pourquoi il y a une personne armée là-bas ?
– Pour la sécurité. – Il y a beaucoup de conflits ?
– Beaucoup de vols. Pas chez nous, mais chez d’autres personnes. – C’est une mesure préventive ?
– Oui, ça aide qu’il soit là. 4 personnes.
Il y en a d’autres plus loin. Ici, on travaille avec du mercure
parce que l’autre système est plus coûteux. Donc il nous faut un nouveau système
pour pouvoir travailler sans mercure. C’est un système totalement différent.
On s’y prépare pour l’avenir. Parmi les centaines de personnes présentes dans
les mines de Brunswijk, certains travaillent pour lui. D’autres lui versent un pourcentage de leurs profits
pour pouvoir utiliser ses terres. Pour éviter que les mineurs
ne gardent tous leurs gains, ils doivent le déclarer quand ils trouvent de l’or. Ils n’ont rien déclaré. Ils n’ont pas déclaré qu’ils avaient fini.
Ils doivent d’abord le déclarer. Il va payer une grosse amende. Bien sûr. – L’amende est de combien ?
– 100 grammes. 100 grammes ?
Et vous pensez qu’ils ont trouvé combien ? Peu importe. Ils ont une amende
parce qu’ils ne l’ont pas déclaré. Ces terres appartiennent à M. Brunswijk
et ils l’exploitent. Quand ils ont fini,
ils versent à mon père un certain pourcentage. Par opposition aux mineurs illégaux,
Brunswijk est l’un des rares détenteurs de permis auxquels le gouvernement
permet de travailler légalement. Comment et pourquoi Brunswijk
a obtenu ses concessions ? Ce n’est pas clair. Bien qu’elles soient enregistrées,
la liste de concessionnaires et les informations de taxation
ne sont pas publiées par le gouvernement. Qu’un tel puisse ou non extraire de l’or en toute légalité
semble relever de liens informels avec l’élite politique. En 2 mots, qu’est-ce que vous faites, là ? Ces gens travaillent sur ma concession
et me payent chaque mois. C’est une contribution pour être
autorisé à travailler sur cette concession ? Oui. Ils payent 125 grammes par personne.
4 000 dollars. – Ça vaut 4 000 dollars ?
– Oui. Le tampon officiel. Et ça a été payé. Tout le monde craint M. Brunswijk. S’il entre dans un bureau,
tout le monde lui fait des courbettes. Et autour de lui, pas mal de gens
le traitent comme si c’était un dieu. Je ne m’intéresse pas à la personne de Brunswijk. Brunswijk n’est qu’un autre exemple
de comment les choses ne devraient pas se passer. Voilà comment ça se passe avec le mercure.
Vous voyez ? Ça brûle. Le mercure disparaît
et on se retrouve uniquement avec l’or ? Oui. C’était là-bas.
Ça pesait 7 kilos. – C’est le poids.
– Et ensuite ? Vous n’êtes pas inquiet que ce soit dangereux ? Je trouve que c’est terrible.
On cherche actuellement une autre méthode. Un autre système qui permette
de capturer le mercure. – Que quand il s’évapore, on puisse l’attraper.
– Pour que ça ne pollue pas l’air ? – Voyons ce que c’est.
– L’or est très important pour vous ? L’or est mon revenu.
Je n’ai pas d’autre source de revenu. – Et c’est son business.
– Vous êtes vraiment passionné par ça ? L’or, c’est de l’argent. J’ai entendu qu’ils vous appelaient Bravo.
Ça vient d’où ? Ça vient d’où ?
C’est juste Bravo. – Juste un pseudo ?
– Oui, c’est ça. C’est un nom de code.
Romeo Bravo est Ronnie Brunswijk. Comme à l’époque,
les soldats avaient des noms de code. – Ça vient de l’alphabet militaire ?
– Tout à fait. – Vous avez toujours gardé ce surnom ?
– Depuis cette époque, oui. – Ça remonte à quand ?
– Je sais pas. 1985 ou 86. Même pour quelqu’un d’aussi puissant que Brunswijk,
il est toujours difficile d’évoquer le passé. Je ferme votre magasin. Non, vous fermez ou c’est moi
qui viendrais fermer demain matin. Je vous l’ai déjà expliqué. Si ces gens sont encore là
à 6 heures, je rase cet endroit. Que pensez-vous du fait que votre père
ait tout ça et fasse ce qu’il fait ? Je vois qu’il est passionné par tout ça.
C’est son business. – Et je le soutiens avec tout ça.
– Il est bon là-dedans ? Oui, depuis la guerre dans les terres jusqu’à aujourd’hui, je peux
vous dire qu’il continue d’étudier. Il va bientôt avoir une maîtrise en science politique. Il peut faire ce qu’il veut,
dans un sens positif, bien entendu. La transparence du gouvernement face à
l’ampleur des dégâts causés par l’extraction illégale d’or est vitale pour changer quoi que ce soit,
tant à l’intérieur du pays qu’à Paramaribo. Sans nouvelles politiques et une réforme
du marché du travail, ça semble impossible. D’ici là, les affaires continuent comme avant. Petit à petit, on observe une lente progression
vers la prise de conscience du secteur illégal et de l’empoisonnement au mercure,
mais tant que ce n’est pas fait à grande échelle, des milliers de personnes comme Robba
se tourneront vers l’or pour s’assurer un revenu,
et avec un peu de chance, un avenir. – Vous comptez faire ça pendant encore 10 ans ?
– Je pense pas. – Pourquoi ça ?
– Je trouverais peut-être un boulot qui me plaira plus. – Vous aimeriez faire ça pendant encore 10 ans ?
– C’est ma santé qui décidera. Il faut que tout le monde ouvre sa bouche
et dise que c’est inacceptable. La corruption peut détruire un pays.
C’est ce qui se passe au Suriname. Si ça continue, je crois que dans 20 ans la majorité du parc aura été détruite. On n’aura plus que des photos et des vidéos. Je suis un fils du Suriname.
J’aime mon pays, c’est tout. Vous pensez qu’un jour, vous abandonnerez l’or ? Si on est dans l’industrie de l’or
et qu’on en trouve beaucoup, on devient accro. C’est le problème. Un jour, je déciderai d’arrêter l’extraction
et je me tournerai vers le tourisme. Le Suriname est un beau pays
et l’intérieur des terres est magnifique. On peut avoir une belle vie et
la météo est agréable. Et en tant que citoyens, on devrait savoir l’apprécier. Le gouvernement et les autorités
devraient également savoir l’apprécier pour qu’on puisse tous profiter de ce superbe pays. [TRADUCTION : STEPHEN SANCHEZ]

100 Comments

  1. Well, just about everyone in the Netherlands can speak English, so this video would have been much better in English. I found this video very interesting, but having to pause to read, and having to read the words instead of looking at things like the guys daughter is a big inconvenience.

    This place reminds me of Guyana, but the people in Suriname seem to be much friendlier.

    Anyways, what's the fine for messing with the bosses daughter?

  2. Fuck all of you stupid miners , and the corrupt idiots from the  government  who are destroying this beautiful country just for some gold.  LOVE SURINAME

  3. 2:57 "But now the price of gold is falling and this type of mining has become less profitable."…….. What a joke…… spot today (2016) is $1,200 from $105 in 1976 minimum wage was $2.19 (1975 = 48 hours of work) and only $8.05 today (2016 = 151 hours of work for the same amount). Meaning it definitely is worth extracting gold at current energy prices.

  4. What are you people bitching about the language being spoken here?.

    Not everything has to be in English to make you feel so entitled for it, You find the language ugly?, learn the language yourself and see how far you get speaking Dutch..

  5. I never realised that Suriname was so similar to African country's I thought it was all like Brazil,Mexico etc

  6. All this people talking about the mercury (yeah she is probably going to die at a young age), and the dutch language, but what about how fucking hot she is..

  7. Outstanding piece of documentary !
    The reporter is brilliant (and gorgeous).
    As for the gold miners from Suriname, well I'm pretty sure they grow tons of special mercury-flavored weed out in the jungle 😛
    Anyway, looks like a bunch of chill and hard working people overall…
    And that scene where the big boss dude rides his ATV as the crew gets out of the plane, he gets the girl like a boss !
    To top it all, his daughter looks like a supermodel xD
    Some crazy stuff going on out there in the gold fields ya know !

  8. lol 3,5,7,8 grams of gold for some action….and thats pure gold….after processing will be like double…imao…this reporter is gorgeous but when she speaks dutch is like she is spitting every second lol

  9. Why are all these foreigners talking about the language and not about the video? If you dont like the language, get the fuck away from this video and stay away from Suriname! Whining like a small child, stupid foreigners. Saying they don't like the language, but still taking the effort to watch the video and even comment, because they don't have a life. They shouldnt have put english subtitles beneath, to keep those whining foreigners away.

  10. for those who are saying that it's annoying how they speak
    i just wanna say stfu
    jullie kanker moeder zall well een fucking hart attack krijgen❤

  11. My dad is from Suriname. When I showed him this video, he almost cried because the places that they were mining in were the places he used to explore when he was in grade school.

  12. Enjoyed and been a sub for Vice for so many years!! But could we get a better coverage from a host that doesnt have a robot Surinamese accent.. Lost interest from robot accent immediately…

  13. The black daughter seems flirty and cocky af and that man is corrupted by gold just like the oppressors of his ancestry were

  14. Good Job Gwen. Amazing documentry on the facts most of the world is un aware of.Bad guys like  Bravo are not only enslaving innocents by  keeping them in constant fear ,him  and his jolly daughter are promoting death to them by mercury, and them i am sure have bright plans for themselves… Fault goes to the SURINAM Government if there is any,I am also sure higher officials are best friends with bandits like Bravo .tango. charlie etc

  15. What a beautiful country, I just hope they can find a better way to work with mercury or a totally alternative method of mining the gold. It's a shame because it seems like people just honestly have no other choice. The country does seem pretty stable though (based on this documentary at least) which is not what I was expecting in the beginning of the video. Dude that was the young foreman in the beginning of the video seems like a really good dude just trying to feed his family.

  16. Its an interesting problem. If you look at how the taliban stopped the opium trade in afghanistan in the three years before the invasion, you can see how these problems are overcome. Put time and effort and money into an alternative for workers and just make it inconvenient or force change.

  17. Its a horrible fucking Language that They All gotta Learn English as a 2nd Language, because they cnt even stand their fucking Accent Loooool

  18. Omg where people testing the effects of mercury on dogs and cats? That's fucked up. We have so many gang members and child rapists in prison, and walking on our streets. Those are the people that should be used for any experiment of this nature. Not poor dogs or cats. 🙁

  19. The Western society consumes more and more, while various metals are getting rarer and rarer. We need more mining, but with different, more modern methods. The era of fossil fuel is over… but the age of mining, has only just begun.

  20. The journalist has a certain beauty to her, and it was nice to see how she got certain answers that some people didn't seem to want to give.
    Also, the mine owners daughter is thicker than chunky peanut butter too.

  21. hard to watch the video thats 44 minutes long when its not even in my fucking language, when your channel is formed around english language, your description is english, title is english. MAKE THE FUCK VIDEO ENGLISH.

  22. As a person who lives in suriname i agree that we need to reduce the usage of mercury it is destroying public health our forest etc we need to keep our place at number 1 of the country with the most forest.

  23. Eventually he will be brought to justice for the murders of the victims in 1991.
    You can run but, you can't hide……

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